Bilan des trois ans de Macky Sall à la Primature
Macky Sall II est arrivé après sa démission-reconduction suite à
la victoire Me Wade au sortir des élections de février 2007. L’homme devra conduire le nouveau gouvernement
jusqu’aux élections législatives prochaines.
Nommé en avril 2004, M. Sall aura battu les records de longévité
aux côtés de Me Wade. Très effacé, l’homme a réussi à gagner la confiance du président de la République.
Grand maître-d’œuvre de sa politique, il aura piloté une équipe gouvernementale dont les priorités seront
essentiellement orientées vers la réalisation de grands travaux. Mais, la grande déception dans cette
démarche aura été la non-satisfaction de la demande sociale du fait d’un coût de la vie de plus en plus élevé.
Pendant les trois années passées à la primature, les grands chantiers du chef de l’état n’ont pas du tout souffert
en réalisations. Ainsi, dès sa nomination le 21 avril 2004 et sa déclaration de politique générale le 20 octobre de
cette même année, l’ont pouvait sentir à travers la déclinaison de son programme, la place primordiale accordée à
la mise en place d’infrastructures modernes pour le Sénégal.
Le démarrage de ces travaux ne tardera guère comme annoncé
par le Premier ministre. Aussitôt, l’on assistera à la réalisation effective du tronçon Malick Sy-Patte d’oie avec à son
compte un pont et un échangeur moderne. Selon Diène Farba Sarr, conseiller spécial de Macky Sall,
"cela à été possible grâce à l’option de l’état qui a consisté à avoir un fort taux de participation en termes
de financements en ce qui concerne ces grands travaux". Cela, poursuit-il, est "une nouveauté en termes d’option qui
est de prendre l’état comme une alternative des bailleurs de fonds pour ce qui est des contributions". Autrement dit,
souligne-t-il, "il ne s’agit pas pour l’état de se substituer totalement aux bailleurs mais de prendre une large part
dans ces programmes d’infrastructures."
A cet effet, précise le chargé des grands travaux, "un fonds spécial d’un montant
de 74 milliards représentant un emprunt obligataire logé à la Bceao a servi au financement de l’autoroute Malick Sy-Patte
D’oie à hauteur de 50 milliards tandis que les 24 milliards restant ont servi de renforcement des infrastructures ferroviaires".
Notamment, ajoute-t-il, "avec le remplacement successif des anciens matériaux et la construction d’un mur de protection de Dakar à Mbao".
De même, signale-t-il, "à côté du programme de mobilité urbaine, des routes et autres pistes non revêtues ont été réalisées dans le pays,
ce qui fait qu’en 6 ans, nous avons fait dix fois mieux en infrastructures routières que les socialistes pendant leurs quarante années
de gestion du pays". Toujours dans la même lancée, explique le conseiller de Macky Sall, "il en est de même sur le plan de l’éducation,
de la santé pour ne citer que ces deux domaines".
Oubli des ventres des Sénégalais Cependant, si en matière d’infrastructures,
le règne de Macky à la station primatoriale a été irréprochable, de l’avis du sociologue Kaly Niang, "il a par contre pêché en
ce qui concerne la demande sociale".
Mieux encore, dit notre analyste, "tout se passe comme si Macky a été nommé pour achever
les grands chantiers de Me Wade en oubliant le ventre des Sénégalais".
La liste est trop longue : "cherté du coût de la vie, hausse des denrées de premières nécessitées, avec comme conséquences, crise scolaire et autres insécurités", se désole-t-il.
La priorité des Sénégalais c’est, déclare-t-il, "le panier de la ménagère au lieu d’une vision politicienne qui vise à montrer les grands travaux à travers une maquettisation des chantiers".
En plus de cela, affirme-t-il, sur le plan politique, "à côté du non-respect des libertés individuelles, nous avons assisté à un Parlement qui n’a fait qu’appliquer les décisions de l’Exécutif sans réellement les discuter, ce qui d’ailleurs pose le problème de la séparation des pouvoirs".
En gros, conclu le sociologue, "nous avons assisté à un bilan mitigé où la priorité a été les infrastructures au détriment de la demande sociale".
Macky Sall, ex-Premier ministre, président de l’Assemblée nationale : « Avoir tous les pouvoirs ne veut pas dire en abuser » Aux commandes du gouvernement pendant trois ans pour mettre en place la politique définie par Abdoulaye Wade, l’ex-premier ministre Macky Sall a succédé, en avril 2004, à l’éminence grise du président : Idrissa Seck. Sur les cinq chefs de gouvernement qu’a connus la première ère d’alternance, Macky Sall pourra se vanter d’avoir duré le plus longtemps. Pourtant, malgré le résultat de la coalition Sopi aux élections législatives qui venait le conforter dans son rôle, le chef du gouvernement a donné sa démission pour être remplacé par l’ancien ministre du Budget Cheikh Hadjibou Soumaré, qui a lui-même annoncé son investiture le 19 juin.
Macky Sall revient sur le déroulement de l’élection présidentielle et tire le bilan de ses trois années de gouvernement.